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Petits papiers

Catherine

photo Catherine Mézan

Mézan________________________________

 

4 décembre -Orange machiavélique

En août dernier, j'ai acheté un téléphone portable. A trente-neuf euros dont vingt remboursables, l'appareil n'a pas la prétention de faire des photos, encore moins de servir d'anti-moustiques ou de roulette russe. En revanche, il permet de communiquer, et même, grand luxe, de s'éclairer la nuit. L'idéal.
Pour le remboursement en revanche, l'affaire s'est révélée moins simple que l'appareil. J'ai dû réclamer, une fois, deux fois, trois fois. Les agents, toujours différents, à qui j'exposais mon problème, exigeaient inlassablement les originaux des preuves d'achat. Difficile de leur faire comprendre que je ne les avais plus puisque je leur avais adressés. Aujourd'hui, pas besoin de lire Kafka pour se cultiver, il suffit d'acheter un téléphone chez Orange. Ce dialogue de sourds m'a coûté un oeil en communication. Parce que chez Orange, pas de petits profits : pour réclamer, il faut payer. Cinq mois après, j'attends toujours. Peut-être dois-je rappeler...

24 décembre -Mon beau bouquin de Noël

Juste avant les fêtes, j'ai achevé la décoration de L'homme sans qualités de Robert Musil. Les rubans jaunes, roses, verts, orange, qui en ornent les pages, sont vraiment du plus bel effet. Cependant, à la page 556, j'ai laissé tombé les petits signets. Puisque toutes les pages valent d'être relues, ma réserve de post-it aura été épuisée bien avant la fin du seul premier tome.
Difficile d'expliquer l'attraction que produit ce "roman". Le lecteur est absorbé dans le livre autant que les femmes sont folles du héros, le bel Ulrich (et -par conséquent ?-, autant que les hommes le haïssent). Faut-il chercher à comprendre puisque "tout ce qu'il y a de décisif dans une vie se produit au-delà de l'intelligence rationnelle" ? Me voilà rassurée. J'avais peur de pas avoir tout saisi. A la page 832 (tome 1), j'ai cependant posé un nouveau galon (rose - j'ai un code). Une page presque poétique. Absolument poétique : le résumé d'une vie en quelques " images mystérieuses, à demi-privées de sens." Beau à mourir.


musil
Avant Musil, on n'avait plus envie de lire de romans.
A
près, on ne peut plus. Pendant, on n'a plus besoin de somnifères.
(© Catherine Mézan)

31 décembre - En réalité augmentée

Depuis que ma fille m'a dit que Musso en citait des extraits dans ses livres, j'ai regardé pratiquement toutes les saisons des Desesperate Housewives. Pour ma part, je n'ai pas trouvé matière à citation mais j'ai découvert des choses intéressantes. Ainsi, les Américains sont des gens comme vous et moi. A trois détails près : ils font l'amour sans jamais enlever leurs "dessous", ils trouvent un travail formidable rien qu'en sollicitant leur voisin et ils habitent dans des maisons-témoin. Finalement, Deseperate Housewives c'est déjà de la "réalité augmentée" si je m'en tiens au concept qui, d'après Wiki, " vise à compléter notre perception du monde réel, en y ajoutant des éléments fictifs, non perceptibles naturellement".
Pour finir l'année en beauté augmentée et tri-dimensionnée, je me suis immergée dans la jungle de Pandora. Vraiment sympa ; on en prend plein les lunettes.
Un deuxième tome de Musil pour remettre à niveau mon cerveau. Et Musso n'a plus qu'à bien se tenir.