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5 janvier 2009
J'adore lire les quotidiens avec quelques jours de retard ; ça donne du recul comme on dit. Parfois, je n'ai pas le choix. Aujourd'hui par exemple, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres La Provence du 4 et 5 janvier, mais aussi du 28, 29 et 30 décembre. A ce compte-là, les journalistes n'auront même plus besoin de faire de rétrospectives. D'éminents consultants affirment que le problème de la presse en France vient de sa distribution... A ce rythme, il m'arrive d'être débordée. Dans ce cas, j'empile. Mes lectures relèvent alors quasiment du documentaire historique. Ainsi récemment, j'ai feuilleté le n°63 (sept-oct 2004) d'Objectif méditerranée sous-titré "magazine de la vie économique et de l'environnement de la région PACA". J'y ai découvert une brève qui prouve que la critique est aisée mais que l'esprit visionnaire n'est pas donné à tout le monde. Je cite : "Le ridicule n'étant pas mortel, France 3 diffuse tous les soirs une sous-cérébralité intitulée "Plus belle la vie" et dont l'action se déroule à Marseille. Scènes de la vie quotidienne marseillaise où la ville caricaturée, s'apercevant dans ce miroir débilitant, se fait peur à elle-même. Seule raison d'espérer : le taux d'audience est fort heureusement médiocre, ce qui permet de ne pas désepérer de la nature humaine..." A ce jour, les fidèles du Mistral frisent les 7 millions de téléspectateurs. Et je ne vous parle pas des produits dérivés. Economiquement, pas si débilitant. Du coup, on se demande qui est ridicule.

Plus belle la vie : une boutique de produits dérivés. Dommage que le bar du Mistral ne soit lui qu'un décor ; 7 millions de pastis, ça ferait du chiffre. Photo ©CPC
7 janvier
Il neige.
Photo C.P.C.
Au sud, "c'est le Norrrd !"
Des voeux vieux
J'ai envoyé mes voeux. Sans complexe, j'ai puisé l'inspiration auprès de Dodette - la grande Rosemonde Gérard - et auprès du beau George Clooney que je n'ai vu dans aucun film pourtant - où alors ? Peut-être dans le marc (marre) de café.
Parce que c'est l'Eternelle Chanson, et même si c'est dans Pipeaux, je vous en* souhaite,« Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain**»
* : du succès. What else ?
** : comme ça c'est fait pour l'année prochaine aussi
Beaucoup n'y ont rien compris. Louis y a vu une énigme, Nathalie aussi qui m'en a retourné une à laquelle je cherche toujours la réponse. De son côté, Corinne a traduit la formule en version "vieux du village " : Si tu n'en as pas plus cette nouvelle année que tu n'en aies pas moins que l'an dernier. Modestement mais avec brio comme à l'accoutumée, Henri lui enchaînait : Et vivement le banc ami, tout verdâtre de mousse... Vivement, vivement... Je ne suis pas si pressée moi de branler de la tête chenue. Jean-Marc non plus d'après sa carte. Ma préférée : des voeux version Luz. Bon, tout ça sentait quand même le vieux. Vivement l'an prochain.

Les voeux de Jean-Marc (dessin de Luz)
Télé : l'école en Chine
Parfois, quand les petits sont à l'école, j'ai accès à la télé. Si je parviens à désactiver l'arsenal de jeux qui se met automatiquement en route, mon plaisir est de regarder la BBC. Regarder la BBC, c'est comme regarder une mappemonde et découvrir avec étonnement que le centre n'est pas la France.
Lors d'un reportage sur la scolarité en Chine, j'ai vu des ados chinois qui ressemblent beaucoup aux nôtres. Dans leur manière de s'habiller. Sinon, eux travaillent plus de dix heures par jour pour intégrer une université ou une école prestigieuse. La journaliste les suivait sur les bancs d'école, dans leur chambre d'étudiant et lors de la sortie détente organisée avant l'examen blanc. Cette journée, c'était trop de distraction pour un des jeunes garçons. En larmes, il se lamentait. Il voulait que le temps gèle (the time freezes) pour pouvoir étudier encore et encore. En France, nos ados rêvent aussi que le temps (weather) gèle. Pour faire du ski, du surf.... Ils sont rassurants nos ados.
Dans la classe des petits, la maîtresse avait proposé un concours : trouver qui avait la plus belle gomme (eraser) et qui, la plus abîmée. Que s'était-il donc passé dans la tête du petit Ning (paisible) ? Il s'était amusé à trouer sa gomme de la pointe de son stylo. Honte à lui. Durant tout le cours, il a été vilipendé par la maîtresse puis par ses propres camarades de classe. Obligé à enfiler un pullover troué, il a dû s'excuser auprès de chaque élève en promettant de ne plus jamais maltraiter ainsi une innocente gomme. Enfin, le petit garçon a pu regagner sa place où il s'est effondré en sanglots. La jeune maîtresse, imperturbable, a conclu son cours : "C'était la leçon sur le respect des choses (respect for things)."
Finalement, la France au centre de la mappemonde, c'est pas mal aussi.
Télé : l'école en France
23 janvier -Ce n'est pas trop tôt. Une journaliste d'Envoyé spécial dénonce le scandale du marché des cours particuliers, domaine où tout est possible, le bien mais surtout le n'importe quoi : "professeurs" sans diplôme et incompétents recrutés à la va-vite (par des étudiants), payés "au tarif d'une femme de ménage", dispensent à nos chères têtes blondes (drôle d'expression) des cours à des prix prohibitifs, mais remboursés à 50% en crédit d'impôts. Jusqu'à présent, personne ne s'en indignait, même pas les enseignants puisqu'ils n'ont pas le temps (sauf en cours particulier) de rattraper le retard de certains élèves. Drôle de système d'éducation où l'enseignement est assuré par des organismes publics, privés et maintenant commerciaux. Et où le contribuable paye dans tous les cas. Assurément à y perdre au moins son latin.
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