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Petits papiers

Catherine

catherine mézan

Mézan__________________________

 

3 juillet- 6 minutes

Dans un numéro relativement récent du Monde 2, je lis un article sur le nouvel Iphone. J'aurais plutôt vu ce genre de papier dans Le Figaro Mag mais, décidemment, on ne sait plus à quel média se vouer. Combien d'exemplaires vendus par Le Nouvel Obs pour son entretien exclusif avec Sarkozy ?
Comme je n'ai jamais su à quoi servait réellement un tel joujou (l'Iphone s'entend), je lis avec attention les deux colonnes détaillant ses fonctions : ni lame-scie ni décapsuleur - le minimum sur un Couteau Suisse -, en revanche un anti-moustique et ça c'est vraiment chouette.
D'après le journaliste, cet outil est nettement plus performant que le précédent. Autant dire que les possesseurs de l'ancien modèle sont des has been, et que les possesseurs du nouveau le seront dans peu de temps. C'est en tout cas l'argument que je développe auprès de ma fille pour la dissuader de pénétrer (et m'entraîner) dans une de ces étranges boutiques pleines de téléphones mais aussi de gens. Comme quoi, la communication ne connait pas la crise. Le fameux psychosociologue Jacques Salomé semble en douter. Dans un entretien récent, il me donnait quelques chiffres révélateurs, d'après lui, d'une société en manque relationnel. J'apprends ainsi que le temps moyen de communication dans un couple est de 6 minutes. Une chaîne de télévision donne bien toute l'actualité mondiale en ce laps de temps, autant dire qu'il peut s'en passer. A la fin des 6 minutes, l'homme, qui aura lu Jacques Salomé, dit sans doute à la femme : "Alors, Heureux qui communique " ?

31 juillet - Sea, sex, sun and culture

C'est la fin et le début de mes éternelles vacances. C'est drôle, éternelles vacances ça sonne comme immortalité : avec un soupçon de punition.
Il y a un peu de ça dans le Sud où les devoirs de vacances consistent à lire tous les programmes des festivals (chaque année plus volumineux), établir un agenda (serré forcément), éventuellement un budget (ne pas oublier la crise) et enfin assister aux spectacles.
Pour ne pas me donner tant de peine, je lis les compte-rendus dans les journaux. Ainsi dans La Provence, rubrique "on a vécu", description de la fantastique soirée de festivaliers ayant assisté à la pièce Littoral de Wajdi Mouawad (durée 11 heures) au Festival In d'Avignon.
"(...) pour résister au mistral et au sommeil, il faut être un athlète de haut niveau. Et, lové dans une couverture, on pique parfois (souvent même) du nez. Peu importe, à ce marathon Mouawad, on y était et c'est ce qui compte." On y était et c'est ce qui compte....C'est donc cela, la Culture. L'analyse du philosophe Yves Michaud (Le Monde 2) m'éclaire : les festivals, "c'est sea, sex, sun et culture".
Pas étonnant donc, qu'au Festival de Lacoste, à l'ombre des ruines du château du marquis de Sade, on a pu entendre toute une salle (les femmes, puis les hommes et "tous ensemble, tous ensemble") scander une phrase très poétique de Jean Genet : assis-toi sur ma bite et causons. Jean Genet est grand. Fabrice Luchini énorme.

fabrice luchini
A Lacoste, entre Gordes et Saint-Rémy, soirée "sex, sun et culture" avec Fabrice Luchini et "entre gens presque de gauche". Photo ©CPC