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Petits papiers

Catherine

photo Catherine Mézan

Mézan________________________________

 

13 mai- Religion

Cher Benoît,

par le journal et la radio, j'ai des nouvelles de ton super voyage en Israël et en Palestine ; ça a l'air trop chouette.
Quand même, tu devrais faire un petit effort pour déraper un peu ; les médias ont les crocs.
En attendant, je prierai Sainte Ségolène pour qu'elle demande pardon pour toi ; ça leur fera toujours un os à ronger et puis ça fait trop longtemps qu'elle se tait, elle risque de perdre la foi.

Bien affectueusement.

icone La Mère de Dieu
En mai, il n'y a pas que le muguet.
Icône CPC

15 mai- Temps de saints

Servais, Pancrace et Mamert font à trois un petit hiver.
Boniface apporte la glace.
Denise, please, un petit strip-tease
Histoire de ne pas laisser ces saints de glace.


16 mai- Tambouille

En ce moment, j'écris sur les pianos ; ça change vous allez dire. Oui car cette fois, il s'agit de pianos gastronomiques. J'ai appris à quoi servait une plaque coupe-feu (" indispensable ") et que quatre fours, c'était bien le minimum pour concocter un bon repas à ses amis. Heureusement, que je n'ai pas d'amis. Vu le prix de ces fourneaux.
C'est drôle d'ailleurs cette manie que j'ai d'écrire sur des choses que je ne possèderai jamais ou des voyages que je ne ferai jamais. Ou des gens que je ne rencontrerai plus jamais. C'est peut-être exprès. Après je n'en ai plus envie. Non que je sois déçue. Tout au contraire : pas encore déçue.
A y regarder de près, j'ai aussi la manie d'écrire sur la cuisine.
Et comme toutes les femmes, d'acheter des livres alors que j'ai déjà 50 bouquins et que je finis toujours pas chercher mes recettes sur internet. Mais voilà, dans ce domaine, il n'y a jamais LE livre (ou LE site) qu'il faut, l'unique qui résumerait tous nos désirs en s'adaptant à nos compétences. C'est sûrement exprès aussi, et même que ça s'appelle du marketing. Cependant... en cherchant un ouvrage de cuisine pour enfant, j'ai déniché une perle - pas au rayon "jeunesse", désolant dans ce domaine, mais parmi les milliers de livres réservés aux adultes : La Tambouille (Ed. Marabout), écrit et illustré par deux auteures (Clotilde Boutrolle et Christelle Marécaille) qui ne se prennent pas pour des pros. C'est dôle, d'une simplicité désarmante et évidemment à mettre dans les mains de tous les enfants à la seule condition qu'ils nous le prêtent.
Comme quoi, les libraires devraient mettre un peu de désordre dans leurs rayons pour en finir avec la triste loi des genres (blanche, noire, jeunesse, vieillesse..). Ainsi, on pourrait cuisiner à tous âges et lire du Marcus Malte à toutes les sauces.

la tambouille
tambouille.fr

18 mai- Bonne fête Eric

Pour mon anniversaire, je m'étais offert Nous autres de Stéphane Audeguy (cf mon envie du mois de mars). Je ne l'ai pas regretté.

19 mai- Les métamorphoses culturelles

Baguenaudant dans le chic quartier Mazarin d’Aix-en-Provence, je rencontre une relation du temps où je fréquentais le fascinant milieu médiatico-culturel. Malgré les années et nos lunettes de stars, nous nous reconnaissons. Il sort d’une avant-première de l’exposition interrrrnationalllle Picasso-Cézanne au Musée Granet : « ça ne vaut pas celle que j’ai vue à Paris… » lâche-t-il. C’est bien connu, l’air de la Capitale, ça vous métamorphose une œuvre.
A propos de métamorphose, j’avais très envie de voir le parcours multimédia "Picasso-Métamorphose" installé dans ce même musée. L’institutrice de la classe maternelle grande section de l'école de mon village l'a trouvée formidable et, bien qu'elle n'aille pas souvent à Paris, j'ai tendance à la croire, elle. En plus c'est gratis jusqu'au 24 mai, annonce le site internet que j'ai pris soin de consulter avant.
Pour me préparer au choc de la grande expo, la vraie - même si elle sent un peu la bouse de province et la crotte de bique de Provence-, je trouvais que c'était bien.
Après avoir salué mon interlocuteur désabusé, je me rends donc pleine d’allant à Granet. Là, pas de chance. Par deux fois auparavant, j'en avais trouvé les portes closes (un dimanche, puis un lundi, on n'a pas idée aussi) et cette fois, exceptionnellement, le musée n’est ouvert qu’aux VIJ (very important journalist) m'apprend-on. Certes je n’en suis pas et un cerbère du service communication me le fait comprendre. Il brandit même une affiche sous mes yeux et me demande si je sais lire. A l'évidence non car il décrypte à ma place : l’exposition Picasso-Cézanne ouvre le 25 mai. Je bredouille que je voulais juste voir les Métamorphoses. Mais le communiquant roule déjà des yeux gourmands vers les VIJ et me renvoie aux calendes grecques.  Voir l'expo à Athènes ? Pourquoi pas, ça va en jeter dans les conversations mondaines.

21 mai- Numéro de non-réservation

0442161091. C'est le numéro qu'il faut composer pour ne pas avoir la possibilité de visiter le château de Picasso.
Les VIJ invités au grand raout du musée Granet hier ont bien renvoyé l'ascenseur médiatique. Trois pages rien que dans La Provence de ce jour pour dire comment ça va être bien. Mais pour combien ?
Car en appelant aujourd'hui-même le numéro de réservation indiqué en rubrique "infos-pratiques" dudit journal, j'apprends qu'il n'y a plus de place pour la visite du château de Vauvenargues ("... Picasso vécu des jours heureux..." ) et ce avant même l'ouverture officielle (le 25 mai, si vous savez lire). Pauvre journaliste qui a mis tout son talent et plus de 1500 signes pour nous décrire "l'émotion au château" que nous ne connaîtrons jamais...

21 mai- Le rouge est mis.

On n'est pas à Cannes mais le tapis rouge est déroulé aussi dans nos campagnes. Attention les yeux.

champ coquelicot
Coquerico, coquelicoq : les coquelicots tirent leur nom...
des crêtes de coq. Photo ©CPC

25 mai- Envoyée spéciale

"Carte maîtresse du développement local, l'exposition (Picasso-Cézanne) déçoit, faute d'avoir obtenu les tableaux majeurs répondant à son ambition."
Ce n'est pas moi qui le dis mais Sabine Gignoux, envoyée spéciale pour La Croix.
Ce n'est pas moi qui le dis mais, envoyée spéciale de moi-même, j'aurais dit tout pareil (en moins bien).
Pour être honnête, voir une petite série de Picasso, c'est toujours agréable. Voir en plus quelques horreurs de Picasso et de Cézanne, c'est toujours rassurant.
Et puis, il y a aussi des choses très réjouissantes à voir à cette exposition interrrrrnationalllle Picasso-Cézanne au musée Granet d'Aix-en-Provence. Par exemple, la prestation des Brigades d'Intervention Clownesque de L'Auguste théâtre. Ces comédiens chargés de divertir les visiteurs dans les files d'attente vous donnent envie de retourner faire la queue en plein cagnard.
Autre réjouissance de l'exposition : un petit Picasso (Femmes nues debout) issu d'une collection particulière dont l'encadrement énorme et kitch à souhait vaut le détour à lui seul.


BIC
Les BIC, eux, ne se prennent pas au sérieux. Photo ©CPC