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7 septembre
Duchâble a bien fait de jeter son piano dans le lac et sa barbe avec. Ce 7 septembre, il n'a pas choisi La Roque d’Anthéron ni Aix-en-Provence pour son concert épistolaire, mais Lambesc, village de quelque 5 000 âmes, situé entre ces deux hauts lieux cultureux. Les gens savent vivre en campagne aussi : ils l’ont reçu au château. De toute manière, il n’y a que des châteaux dans le coin.
Avec les petits, on a visé le premier rang. Pas les chaises marquées d’un petit papillon blanc « Réservé » face à la scène, mais les cinq sièges à droite, sous l’enceinte. Une fois installés, une bourgeoise - ou était-ce la châtelaine ? - est venue nous dire que, peut-être, avec les enfants, ce n’était pas l'idéal, mais qu’en revanche, le rang du fond était encore vide… Bon sang ne saurait mentir, la grande a grommelé « on a payé assez cher » et Karl, de son côté, a répondu par son regard vide qui n’augure rien de bon. La dame a reculé prudemment. Bien lui en a pris de ne pas s’être adressée à moi. Illico je serais allée causer à François-René qui aurait sans doute jeté le beau Bechstein loué pour lui dans le bassin à canards situé derrière la scène. Il faut croire que certains mélomanes (?) n’ont encore pas bien compris sa démarche. François-René Duchâble n’a pas jeté son piano dans un lac juste pour faire des ronds dans l’eau, mais pour tenter de créer un tsunami dans le monde culturel. Assez de la musique classique pour des bourgeois en rang d’oignons dans leur petit siège réservé. La musique classique, c'est aussi, c'est même surtout pour tous les autres : les ploucs, les enfants, les taulards, les vieux, les handicapés...
Evacuée la bourgeoise, commencé le spectacle, tout le plaisir fut alors à nous. François-René Duchâble et son acolyte le comédien Alain Carré retraçant l’histoire de Berlioz à travers sa correspondance et des extraits musicaux, c’était savoureux.

Alain Carré en Berlioz, Duchâble en Duchâble
13 septembre
Décidemment, je suis dans ma période comédie musicale. Cette fois, j'ai enfilé mes escarpins disco, à paillettes et à semelles compensées, pour aller voir Mamma Mia au cinéma.
Fan du groupe Abba (depuis toujours) et fan de Meryl Streep (depuis Out of Africa), j'ai passé une soirée de rêve! Oui, c'est kitsch, ça dégouline de sentiments à l'eau de rose, les voix sont médiocres mais le film m'a donné envie de danser sur les fauteuils. C'est comme avec les Beatles, et comme l'écrit Annie Ernaux dans son magnifique livre Les années : "Rien qu'à les entendre, on avait envie d'être heureux". Malheureusement, mon ado de fille m'a supliée de me calmer en me forçant à me rasseoir dans mon siège. En public, je respecte mes enfants. Mais à la maison, j'ai retourné le grenier pour mettre la main sur mon Best of d'Abba. Il faut croire que les Suédois font des produits de bonne qualité car ma bonne vieille cassette fonctionne toujours. Gimme Gimme Gimme tourne en boucle à la maison. Et je ne suis pas la dernière à danser dessus.

Pour Noël, j'ai commandé la tenue assortie.
22 octobre
Dehors, il pleut comme à Gravelotte. Alerte orange, a prévenu la météo
Dans ma boîte aux lettres, c'est aussi le déluge ; c'est Marianne qui m'innonde de missives. A ce point, ça devient alerte rouge. Bonne bourgeoise je suis donc je paie des impôts. Et même, je dois m'en réjouir : ça prouve, dit-on. Je me demande quoi et je me prends à rêver que les impôts d’une année soient déductibles de ceux de l’année suivante, tout comme les impôts sur le bénéfice s’inscrivent en charge dans le bilan comptable d’une société. Ma petite entreprise à moi connaît bien la crise.
Voilà mon projet de loi : les impôts déductibles des impôts ! J'ouvre une pétition que j'enverrai au tout puissant Sarko. Venez nombreux signer ma pett au lien suivant : http/www/mapett.truc. Et si Sarko ne me nomme pas Ministre des Finances, alors j'irai acheter un poêle à bois, parce qu'on caille à la maison et que ceux qu'achètent des poêles à bois, ils ont des crédits d'impôts. Pendant que j'y suis, je ferai donner des cours à mes enfants, des cours de maths, de français, et plein d'autres dont ils n'ont pas besoin mais qui fourniront à Marianne des occasions de m'envoyer de gentilles lettres, cette fois. Je ne dois pas être la seule à être poursuivie des assiduités de Marianne.
A l'occasion de la sortie du film L'instinct de mort, Gérard Lanvin à déclaré à la presse, à propos de Mesrine : "J'ai plus de respect pour les métallos qui paient leurs impôts que pour lui !" Métallos, pseudo-intellos, ça rime. A propos de ce film et du second volet L'ennemi n°1, les journalistes, eux, se posent des questions fondamentales : faut-il prononcer le "s" de Mesrine ou pas ?
Ils parlent même d'"icône du XXe siècle" (La Provence). Mesrine bientôt inscrit à la Fleur des Saints d'Omer Englebert...

Marianne : un prénom qui n'a pas la cote. Bizarre.
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